Les figures de style

"Le style c'est l'homme !" disait Georges Buffon dans son Discours sur le style (1753). Les hommes, il y en a des milliards sur la planète et des figures de style, on en trouve partout dans les textes. Elles sont des centaines ! Certaines sont omniprésentes, d'autres plus discrètes, plus rares. Pour le Bac, l'essentiel c'est de connaître les principales ; s'il vous reste du temps libre, si le temps est pluvieux, que les batteries de votre portable sont à plat, vous pouvez toujours enrichir vos connaissances sur ces drôles de créatures en consultant la liste ci-dessous...

C'est du bla-bla ou de la rhétorique ?

On a tous déjà entendu quelqu'un dire pour signifier qu'une argumentation était sophistiquée ou vide d'un sens véritable : " Tout ça c'est de la rhétorique !". Or l'art du discours, la rhétorique donc, constitue l'essentiel de l'expression verbale, quelle soit familière, quotidienne ou littéraire, écrite ou orale.

Commençons la visite...

 

               Figure de style                               exemple(s)                                     Effet recherché

 

 

Adjonction : Elle fait dépendre d'un

mot ou d'une expression plusieurs

termes par un procédé

d'accumulation.

"Laisse faire le temps, ta vaillance

et ton roi." Corneille, Le Cid.

 

Produire un effet d'insistance

 et d'association d'éléments

différents.

 

 

 

Allégorie : Elle représente une

idée par une image, un objet

ou un être vivant

(dans ce cas, il s'agit d'une

personnification).

"Mon beau navire ô ma mémoire"

Apollinaire, "La chanson du Mal-aimé", Alcools.

Suggérer une sensibilité,

une émotion par une

image.

Allitération : répétition d'une même

consonne.

 

"Pour qui sont ces serpents

qui sifflent sur vos têtes ?"

Andromaque, Racine.

 

 

Elle vise un effet

essentiellement

rythmique, mais permet aussi

de redoubler sur le plan

phonique ce que le signifié

représente. Ainsi,

dans cet exemple, les

"s" évoquent le sifflement des

serpents.

 

Anacoluthe : Elle se

caractérise par

une rupture de la construction

syntaxique

habituellement employée.

 

"Le nez de Cléopâtre : s'il eût été plus court,

toute la surface de la Terre aurait changé."

Pascal, Pensée.

 

"Intrépide, et partout suivi de la

victoire,/Charmant, fidèle enfin :

rien ne manque à sa gloire." Racine.

 

mettre en valeur des mots

en créant un effet de

surprise par

une rupture syntaxique. 

 

Anaphore : Elle consiste à

répéter le même

mot, la même expression au

début de

plusieurs membres de

phrases ou de vers.

 

 

"Rome, l'unique objet de mon

ressentiment !/

 Rome, à qui vient ton bras

d'immoler mon amant !/

 Rome qui t'a vu naître, et que ton

coeur adore !"

Corneille, Horace, IV, 5.

 

La répétition d'un même

mot renforce par la symétrie

et le rythme la force

d'une idée,

d'une obsession.

 

Antiphrase : Elle dit le

contraire de ce

qu'elle formule de manière

littérale.

 

 "C'est du joli !" provoquer l'ironie.

 

Antithèse : Elle réunit deux

expressions

ou deux pensées opposées.

 

"L'avarice perd tout en voulant

tout

gagner"

La Fontaine.

souligner la contradiction,

l'indécision contenue dans

une idée.

 

Assonance : C'est la

répétition d'une même

voyelle dans une phrase ou

un vers.

 

"Mes baisers sont légers comme

des éphémères" 

Baudelaire

mise en relief d'une

sonorité et par là d'un

sentiment ou d'une

qualité du propos.

Harmonie.

Asyndète : Elle se

caractérise

par une absence

de liaison entre

plusieurs termes.

 

" Toute la petite société entra

dans ce louable

dessein : chacun se mit exercer

ces talents,

la petite terre rapporta

beaucoup." Voltaire,

Candide.

 

produire par une

accumulation, une relation

de proximité alors

que l'on attendait

une opposition ;

suggerer aussi une

interprétation

implicite.

Chiasme : Elle reprend

en ordre inverse

deux groupes syntaxiques

ou lexicaux parallèles.

 

"J'entendais près de moi rire les

jeunes hommes,

et les graves vieillards dire :

"Je me souviens"."

Hugo, Lueur au couchant.

 

Suggérer les fortes

contradictions qui

animent une vision

d'ensemble.

 

Comparaison : Elle rapproche

deux réalités qui

ont une caractéristique

commune à l'aide d'un

terme comparatif.

 

"La Terre est bleue comme une

orange."

Paul Eluard, L'Amour, la

poésie.

Produire par analogie

une image, une

association d'idées.

 

Ellipse : Elle supprime

plusieurs termes dans

une phrase qui conserve

malgrès tout son sens.

 

"J'ai reçu un télégramme de

l'asile :"Mère décédée.

Enterrement demain.

Sentiments distingués."." Albert

Camus,

l'Etranger.

Donner de la densité

au texte et laisser

le lecteur imaginer ce

qui n'a pas été formulé

explicitement.

 

Euphémisme : Elle atténue

une idée qui paraîtrait

trop directe ou trop

choquante.

 

"C'est une personne du

troisième âge.",

" C'est un demandeur

d'emploi.",

"Il est parti au Ciel"...

Dissimuler ou rendre plus

supportable

l'énoncé d'une idée

désagréable.

Gradation : Elle fait se

succéder des mots ou

des idées avec une

intensité

croissante ou décroissante.

 

"C'en est fait, je n'en puis

plus ; je me meurs, je suis

mort,

 je suis enterré." Molière,

L'Avare.

 

évoquer le mouvement,

l'ampleur d'un phénomène,

d'un état.

 

Hypallage : Elle déplace

un adjectif près d'un

autre mot que celui

qu'il aurait dû

caractériser.

 

" Ils allaient obscurs dans la

nuit

solitaire." Virgile, Eneide.

Attirer l'attention,

provoquer l'étonnement

ou un contraste.

Hyperbole : Elle amplifie,

exagère par l'emploi

de mots très forts par

rapport à la réalité

évoquée.

"... J'étais triste comme si je

venais de

perdre un ami, de mourir à moi-

même,

de retirer un mort ou de

méconnaître

un dieu." Marcel Proust, A

l'ombre des

jeunes filles en fleur.

Introduire par

l'exagération

une dimension

parodique

ou emphatique.

 

 

Litote : Elle atténue une

pensée pour faire

comprendre plus

qu'elle n'en dit.

 

" Va, je ne te hais point."

Corneille,

Le Cid.

Renforcer l'idée

atténuée

par le discours.

 

Métaphore : Elle établit

une analogie implicite

entre deux réalités

mais sans mot de

comparaison.

 

" Juin ton soleil ardente lyre

Brûle mes doigts endoloris."

Apollinaire.

"Prendre le taureau par les

cornes."

"Sauter sur l'ocasion."

Creer des

rapprochements

pour toucher

la sensibilité.

 

Métonymie : Elle substitue

un mot par un autre

terme avec lequel

elle entretient

un lien logique :

contenant/contenu ;

cause/effet ;

symbole/chose.

 

"Fer qui causes ma peine,

M'es tu donné pour venger

mon honneur ?" Corneille,

Le Cid

Obtenir un effet

de

concentration

de

l'énoncé.

 

Oxymore : Appelée aussi

alliance de mots,

elle associe des mots

antithétiques.

 

 

"Ma seule étoile est morte,

et mon luth constéllé

Porte le soleil noir de ma

mélancolie." Gérard de Nerval,

Les Chimères.

 

Faire naître une

image inattendue,

contradictoire

et poétique.

 

Parallélisme : Elle

juxtapose des

structures grammaticales

identiques.

 

"Si je jette la vue devant moi,

quel espace infini ou je ne suis

pas !

Si je la retourne, quelle suite

effroyable

ou je ne suis plus !" Bossuet.

Mettre en évidence

des points

de convergence ou

de

divergence.

 

Périphrase : Elle

désigne par une

expression un être,

une réalité,

un phénomène,

sans le nommer

directement.

 

"L'auteur des Rougon-Macquart"

pour désigner Zola.

Susciter un phénomène

d'attente

ou permettre une

évocation

indirecte.

 

Personnification : attribue

à des éléments

inanimés les propriétés

des êtres animés.

 

"Trois mille six cents fois par

heure

la Seconde chuchote :

Souviens toi."

Baudelaire.

Représenter de

façon plus concrète

des idées abstraites.

 

Paronomase : Elle

rapproche des mots

de sens différents

mais de sonorités

proches.

 

"Qui se ressemble s'assemble".

Réaliser des

rapprochements

inattendus, jouer

sur les combinaisons

des sons et

des sens.

 

Zeugma : Appelé

aussi attelage, il

associe syntaxiquement

un mot à deux termes

ou expressions de

natures différentes

( par ex : abstrait

et concret).

 

"Cet homme marchait pur loin

des sentiers obliques,

Vêtu de probité candide et de

lin blanc." Victor Hugo.

Produire un

rapprochement

inhabituel pour

souligner le

caractère exceptionnel

de l'objet

de l'énoncé.

 

Le Kakemphaton : Il

permet à l'oreille

d'entendre un autre

sens que celui

que l'oeil propose

(en général il est

involontaire).

 

"Je suis romaine, hélas, puisque

mon époux l'est" Horace.

A l'oral, à la fin de ce vers

vous entendez poulet.

essayer de

vous

détendre !

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

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