Objet 1

Avant d'entamer le voyage dans l'histoire des principaux mouvements littéraires et culturels, il convient de définir ce que nous allons chercher et rencontrer.

Ceci satisfait, nous découvrirons ensuite les principaux mouvement qui ont marqué l'histoire littéraire du XVI èmè siècle à nos jours. Encore une précision : la perspective d'étude dominante est l'histoire littéraire et culturelle, cela tombe bien ! La perspective d'étude complémentaire est l'étude des genres et des registres, cela ne tombe pas mal non plus ...

Qu'est-ce qu'un mouvement littéraire ?

" Lire un texte littéraire, c'est aller à la rencontre d'un récit ou d'un discours, d'un auteur, de sa biographie, et d'un ensemble d'idées propres au texte, à l'auteur, à une époque ; c'est donc prendre en compte le contexte historique et le contexte culturel dans lesquels il a été écrit. C'est dans cette perspective qu'il faut inscrire la notion de mouvement littéraire qui désigne la rencontre d'écrivains et la concordance d'un certain nombre de leurs idées et de laurs conceptions esthétiques dans une période donnée ; dès lors cette dynamique intellectuelle de traduit par des débats et des courants esthétiques qui trouvent des échos et des matérialisations dans des oeuvres littéraires."

 Pour résumer, Mouvement littéraire : "rassemblement d'écrivains prônant une forme d'art et assignant à la littérature et aux auteurs des fonctions précises."

 1) La Pléiade

C'est tout d'abord le nom d'une constellation de sept étoiles ! Dans l'Antiquité grecques, 7 poètes alexandrins avaient déjà pris ce nom ; à la Renaissance, sous le règne d'Henri II (1547-1559), un groupe de poètes, se forme sous l'impulsion de Pierre Ronsard et de Joachim du Bellay. Ils prennent d'abord le nom de la Brigade puis Ronsard Choisit celui de la Pléiade en 1556.                                                                                                                                 

Contexte :

Le 15 août 1539, par l'ordonnance de Villers-Cotterêts de François Ier, la langue française devient la langue officielle mais l'italien est parlé à la Cour et le latin conserve encore sa suprématie. Ainsi, la littérature demeure sous l'influence des auteurs anciens, grecs et latins. Les poètes de la Pléiade comptent alors réagir contre cette situation de la langue française (en l'enrichissant par l'apport de vocabulaire par exemple). C'est ainsi que défendre cette langue et produire des oeuvres inspirées des modèles de l'Antiquité devînt leur mission.

Les oeuvres & auteurs :

Dans cette sublime constellation nous retiendrons 2 étoiles qui continuent de briller avec éclat : Joachim du Bellay, avec Les Regrets (1558), et Pierre de Ronsard, avec Sonnets pour Hélène (1578). 

2) L'Humanisme

En latin, humanitas signifie culture. Il s'agit d'abord de renouer avec l'art et la pensée de l'héritage gréco - latin ; cela explique pourquoi les humanistes sont souvent des linguistes qui traduisent et éditent les textes anciens. Le but de ce mouvement littéraire est de permettre à l'homme de s'épanouir, de s'accomplir en considérant qu'il est une valeur en soi.

Contexte :

Le terme humanisme, associé à l'époque de la Renaissance, naît en... 1859 en Allemagne pour désigner la redécouverte des littératures anciennes ! Reprit en France à partir de 1875, le terme devient synonyme des valeurs qui font la grandeur de l'homme : sagesse, connaissances, soif de savoir, de découvertes et de culture, respect d'autrui, esprit de tolérance...

Né en Italie, l'humanisme influence toute l'Europe et tous les arts. Si, dans le domaine littéraire français, on retrouve ses thèmes de prédilection chez les écrivains de la Pléiade, deux auteurs majeurs incarnent surtout l'humanisme français : François Rabelais, avec Pantagruel et Gargantua (1532), et Michel Montaigne, avec Essais (1534).

Caractéristiques & oeuvres :

Deux orientations esthétiques traduisent l'humanisme européen : la réalité du corps humain et l'étude du monde antique. En dehors de la littérature, on retrouve ces deux thèmes récurrents dans la sculpture et la peinture.

  • Le corps humain : Léonard de Vinci, Michel-Ange et Albrecht Dürer.
  • L'Antiquité : Jean Goujon et Botticelli (La Naissance de Vénus, peinture).

3) Le Baroque

Ce terme d'origine portugaise (barroco) désigne d'abord une perle aux formes irrégulières et renvoie ensuite à une catégorie esthétique qui s'affranchit des règles formelles. Davantage qu'un mouvement ou qu'un courant, le baroque renvoie à un état d'esprit revendiquant une liberté d'expression artistique liée à une période profondément troublée. Débutant vers 1570 et se prolongeant au début du XVIIème siecle, ce mouvement privilégie les thèmes de l'instabilité, du mouvement et de l'illusion. En poésie, la priorité est donnée à l'image.

Retenir : Les Tragiques, d'Agrippa d'Aubigné, 1616.

4) Le Classicisme

Inscrit dans le XVII ème siecle de Louis XIV et marqué par un mouvement d'ordre et d'équilibre, le classicisme développe un idéal esthétique, dessine le profil de l'honnête homme qui réunit toutes les qualités (tolérance, curiosité d'esprit, culture, pondération, sociabilité) et impose des règles formelles comme la règle des trois unités au théâtre. Il rassemble en littérature ce qui est "digne d'être enseigné dans les classes", c'est à dire les auteurs de l'Antiquité gréco-latine (selon le Dictionnaire de Richelet, 1680) auxquels Voltaire ajoute les auteurs majeurs du XVIIe (Corneille, Racine, Molière, Fénelon, La Fontaine... Dans son Siècle de Louis XIV, 1751).

Caractéristiques :

On distingue 3 caractéristiques majeurs en observant des textes classiques ;

  • L'omniprésence des références aux oeuvres gréco - latines considérées comme des modèles de perfection esthétique ; notamment dans leur représentation fidèle de la nature humaine. (La Poétique d'Aristote).
  • Place importante accordée à la raison, faculté partagée par tous les hommes, et qui doit contrôler l'imagination. (Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences (1637) Descartes).
  • Cette place importante accordée à la raison nourrie la mise en place de règles formelles. Ainsi rigueur, respect d'un ordre, de codes, s'imposent particulièrement dans le domaine théâtral avec la fameuse règle des 3 unités, de la vraisemblance et des bienséances.

 


 

 Le conseil de Nicolas

"Il est certains esprits dont les sombres pensées

Sont d'un nuage épais toujours embarrassées ;

Le jour de la raison ne le saurait percer.

Selon que notre idée est plus ou moins obscure,

L'expression la suit, ou moins nette ou plus pure.

Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,

Et les mots pour le dire arrivent aisément."

Nicolas Boileau, L'Art poétique, Chant 1, 1674.


5) Les Lumières

Le siècle des Lumières se caractérise par un mouvement philosophique et littéraire qui prolonge le rationalisme du siècle précédent : il commence avec la mort de Louis XIV en 1715 et s'achève avec la révolution de 1789. Résolument tourné vers l'avenir, il fait l'éloge du progrès et accorde la primauté à la pensée scientifique. Raison et rationalisme, refus de l'absolutisme et émergence de la notion d'individu, être libre et responsable, caractérisent cette littérature d'idées.

Retenir : De l'esprit des lois, Montesquieu (1748), Dictionnaire philosophique, Voltaire (1764) et bien sûr, l'Encyclopédie, Denis Diderot (1751).


Quelques petites précisions ...

" Le but est de rassembler les connaissances éparses sur la surface de la Terre ; d'en exposer le système général aux hommes avec qui nous vivons, et de les transmettre aux hommes qui viendront après nous ; afin que les travaux des siècles passés n'aient pas été des travaux inutiles pour les siècles qui succéderont ; que nos neveux, devenant plus instruits, deviennent en même temps plus vertueux et plus heureux, et que nous ne mourions pas sans avoir bien mérité du genre humain." Diderot, article "Encyclopédie".


6) Le romantisme

 Ce courant naît en Angleterre et en Allemagne à la fin du XVIIIe siècle ou se développe une littérature privilégiant d'une part les contextes médiévaux et fantastiques et, d'autre part, un goût pour la nature, ses forces, ses mystères, et l'exaltation des sentiments et du "moi".

Contexte :

Ce mouvement se developpe essentiellement dans la première moitié du XIXe siecle ; l'echec du drame les Burgraves (1843) de Victor Hugo marque l'essouflement de ce courant.

7) Le réalisme

Ce mouvement consiste à imiter, à représenter une chose du réel (l'étymologie nous rappelle que chose se dit res en latin). Deux romanciers et pas des moindres, Stendhal pour qui le "roman est un miroir qui se promène sur une grand route" (Le Rouge et le Noir, 1830) et Balzac qui décide de dresser " l'inventaire des vices et des vertus", préparent ce courant qui s'affirme après les désillusions romantiques.

La révolution industrielle, les progrès techniques, l'urbanisation, l'émergence de la classe ouvrière et des mouvements sociaux, l'échec de la révolution de 1848, fournissent aux romanciers une matière riche et nouvelle à observer ; pourtant c'est d'abord dans le domaine de la peinture que le concept de réalisme se developpe : un tableau de Gustave Courbet, L'enterrement à Ornans (1851) est qualifié de réaliste par la critique hostile, c'est à dire de mouvais gout...

Réalisme et réalité ...

Le réalisme n'est pas une simple reproduction du réel : elle exprime un regard, une vision, celle de l'artiste. Il ne faut jamais perdre de vue cette dimension esthétique. C'est ce que rappelle ici Maupassant : "Le réaliste s'il est un artiste, cherchera, non pas à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous en donner la vision plus complète, plus saississante, plus probante que la réalité même.(...) Faire vrai consiste donc à donner l'illusion complète du vrai." Préface de Pierre et Jean, 1888.

8) Le naturalisme

Prolongement du réalisme, ce courant littéraire associe l'observation rigoureuse de la réalité et l'évolution significative des sciences qui bouleverse le rapport au monde et transforme les habitudes de vie. Le naturalisme est étroitement lié à son inventeur, Emile Zola.

Le contexte :

Le naturalisme prend le relais du réalisme dans une période de mutations profondes ou les appliations scientifiques se multiplient, notamment dans le domaine médical (intervention des rayons X, anesthésie pour opérer, vaccin contre la rage). Zola s'inspire des travaux de Claude Bernard et de son Introduction à l'étude de la médecine expérimentale (1865) et cherche à transposer dans le domaine littéraire sa démarche scientifique fondée sur une phase d'observation puis d'expérimentation.

Caractéristiques :

Cette méthode se traduit par un patient et un systématique travail d'enquêtes, de documentation, et l'élaboration de plans et d'ébauches. Zola confronte ses personnages à 2 facteurs : La société (en l'occurrence, celle du second empire) et l'hérédité (sa thèse sur la transmission héréditaire de l'alcoolisme reste controversée).

Oeuvres & auteurs :

Cette théorie le conduit à bâtir une oeuvre monumentale, le cycle des Rougon-Macquart ou L'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second Empire que l'on suit sur 5 générations ! (20 romans de 1871 à 1893). Que ce soit la fatalité de l'alcoolisme dans l'Assommoir (1877) ou des pulsions meurtrières dans La Bête humaine (1890), la description de la spéculation immobilière dans La Curée (1872) ou de la petite bourgeoisie dans Pot-Bouille (1882), un témoignage sur la condition ouvrière avec Germinal (1885) ou le succès des grands magasins avec Au Bonheur des dames (1883), on retrouve toujours par les effets de l'ecriture, l'ouverture sur l'imaginaire du romancier.

9) Le symbolisme

Ce mouvement littéraire qui se développe entre la chute du second Empire et la Première guerre mondiale est une réaction contre le positivisme et l'esprit scientifique tels qu'ils se traduisent dans le réalisme et le naturalisme. Pour les symbolistes, l'idée doit passer par des symboles propices à suggérer le mystère : le sacré, la mythologie et les rêves alimentent la dimension spirituelle de cette littérature.

Ce mouvement se developpe principalement à travers la poésie et le théâtre.

Oeuvres & auteurs :

Pour le 1er genre, la personnalité et l'oeuvre de Stéphane Mallarmé s'imposent : il anime chaque mardi soir un salon ou se retrouvent tous les symbolistes et produit une oeuvre poétique (Poésie 1870-1898) caractérisée par la concision et un hermétisme parfois peu accessible. Nous pouvons aussi parler des Chants de Maldoror, poème en prose écrit par Lautréamont en 1869, et de Jules Laforgue qui donne au symbolisme une poésie marquée par une vision désenchantée teintée d'humour avec Les Complaintes, 1885.

Sur le plan théâtral, les amours tragiques de Pelléas et Mélisandre (1892), oeuvre de Maeterlinck, apportent un nouveau souffle à un théâtre traditionnel tourné vers le vaudeville et le drame réaliste. Claude Debussy s'inspirera de cette oeuvre pour composer son opéra du même nom.

10) Le parnasse

A l'origine ce mot désigne une montagne grecque ou séjournaient Apollon et les Muses. Ce nom fut adopté par des poètes lassés d'un romantisme privilégiant trop à leur goût le culte du moi, les libertés formelles et l'utilisation de l'art au service d'engagements politiques. Leur groupe se forme au début des années 1860.

Contexte :

Le premier qui à initié ce mouvement fut... Un romantique de la première heure, Théophile Gautie. Il revendique une création artistique dégagée de toutes contingences et essentiellement animée par des considérations esthétiques : "Il n'y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien." écrit-il dans la préface de son roman Mademoiselle de Maupin (1835).

Encouragés par des théories positivistes qui cherchent à rapprocher l'art et la science, des poètes vont prendre leur distance avec l'histoire immédiate et chercher dans l'exotisme et la maîtrise formelle des moyens d'atteindre leur idéal du beau.

En 1866, leurs oeuvres sont publiées dans un receuil Le Parnasse contemporain qui donne son nom au mouvement (deux autres volumes paraîtront en 1871 et 1876).

Caractéristiques :

La finesse des descriptions, les rimes riches, les sonorités rares, la virtuosité verbale, caractérisent cette volonté de maîtrise d'une esthétique formelle. L'impersonnalité (refus du moi), le culte de la beauté à travers l'évocation de l'antiquité et de sa mythologie, l'évocation des mondes disparus ou lointains sont les constantes de ce mouvement formaliste.

Quelques auteurs...

Même si Théophile Gautier initie ce mouvement, le chef de file incontesté est Leconte de Lisle, poète exigeant, cherchant à concilier perfection formelle, érudition et images évocatrices (voir Poèmes antiques, 1852 et Poèmes barbares, 1862-1878). Mais celui qui donne au mouvement ses plus belles productions est sans doute José Maria de Hérédia dont les Trophées (1893), recueil composé de 118 sonnets évoquent les légendes grecques, des evenements historiques et la beauté de la nature, avec une maîtrise accomplie de la forme fixe du sonnet.

11) Le surréalisme

Ce mouvement (qui a presque un siecle) à marqué les esprits par l'effet d'étrangeté de ses productions dans les domaines de la littérature mais aussi de la peinture et du cinéma.

Contexte :

Né à la fin de la Première guerre mondiale, ce mouvement exprime une méfiance et un refus des valeurs traditionnelles et cherche dans l'exploration de l'inconscient de nouveaux repères. Mais cette rupture ne signifie pas pour autant un rejet pur et simple du passé.


  Le manifeste de Breton

Suréalisme, nm : "Automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. " André Breton, Manifeste du surréalisme, 1924.


Révoltés par la barbarie de la guerre à laquelle ils ont participé, de nombreux artistes tournent en dérision la société traditionnelle et revendique une liberté totale de création : ainsi le mouvement Dada, né en Suisse sous l'impulsion de Tristan Tzara, multiplie à Paris dès 1916 les manifestations provocatrices ; celles-ci séduisent un temps de jeunes écrivains, comme Soupault, Breton et Aragon ; par ailleurs passionnés par les travaux de Freud sur l'inconscient et les rêves, ils cherchent à transposer dans le domaine littéraire cette exploration qui accorde la primauté à l'imaginaire et favorise la création poétique.

Le surréalisme naît de 2 phénomènes et trouve son théoricien et son chef de file en la personne d'André Breton qui rédige en 1924 le premier manifeste du surréalisme.

Le groupe surréaliste, divisé politiquement, éclate à la veille de la 2nd guerre mondiale.


Les images surréalistes

La création d'images est au coeur de l'esthétique surréaliste ; rien d'étonnant alors qu'elle ait tenté d'autre domaines comme le cinéma, avec les films de Bunuel, Le Chien andalou et L'Age d'or (1930) et surtout la peinture avec Ernst, Picabia, Picasso, De Chirico ou Dali.


Caractéristiques :

Les écrivains suréalistes ont recours à de multiples procédés pour réaliser leur oeuvres, comme la dictée des rêves sous hypnose, l'écriture automatique et le jeu de société du "cadavre exquis". De plus, l'amour, la figure féminine, le monde du rêve sont les thèmes réccurents du mouvement.

Oeuvres & auteurs :

Autour d'André Breton, chef de file autoritaire et souvent contesté, auteur de 2 récits en prose (Nadja en 1928 et l'Amour fou en 1937) marqué par son attirance pour l'irrationnel, ontrouve trois poètes majeurs du XXeme siècle : Paul Eluard, dont le lyrisme amoureux (L'Amour, la poésie en 1929), propose un renouvellement du langage par la création d'images inédites ; c'est le cas également des 1eres oeuvres de Aragon (Le mouvement perpétuel, 1926) et de Desnos (Corps et Biens, 1930) ou les jeux constants avec les mots se conjuguent avec un lyrisme inspiré par la figure féminine.

12) Le Nouveau roman

Dans les années 1950-1960, les Editions de Minuit publient des romans dont le point commun est d'être en rupture avec l'écriture romanesque du XIXème siècle ; dès lors, il s'agit pour les critiques d'identifier ce phénomène : d'abord, ils regroupent ces oeuvres sous l'étiquette antiromans, puis l'Ecole de Minuit, et c'est finalement l'expression Nouveau Roman qui fera la recette.

Le contexte :

Dès l'entre-deux-guerres, des romanciers s'interrogent sur les rapports entre la réalit et l'illusion de celle-ci créée par la fiction romanesque. Dès lors, le statut du personnage, les repères temporels, la chronologie de la narration vont être remis en question notamment par Nathalie Sarraute dans un essai, L'Ere du soupçon (1950).

Mais c'est surtout Robbe-Grillet qui donne son impulsion au mouvement par une série d'articles publiés dans l'Express dans lesquels il stigmatise les formes traditionnelles du roman.

Les caractéristiques :

C'est sans doute le sort reservé aux personnages qui est le plus remarquable: incontournable dans le roman du XIXème siecle, le nouveau roman le réduit souvent à un pronom personnel ou à une initiale, évite le portrait psychologique et le rend parfois improbable. En revanche, une grande place est accordée à la description qui envahit tout le roman et est pretexte à une multiplication des angles de vue (influence du cinéma) dans lesquels le lecteur peut s'égarer, d'autant que les repères spatio-temporels et l'identification du narrateur sont également brouillés.

Enfin, le refus d'utiliser la roman comme instrument d'engagement, que ce soit politique ou social, marque pour certains les limites d'un mouvement essentiellement préoccupé par des problèmes formels.

Les oeuvres et auteurs :

Par ses écrits théoriques, Robbe-Grillet donne une ligne de conduite au Nouveau roman ; ces oeuvres déconstruisent les schémas traditionnels (Les Gommes, 1953, La Jalousie, 1957).

Les 1ers écrits de Butor s'inscrivent également dans cette perspective, ainsi L'Emploi du temps (1956) montre un personnage perdu dans une sorte de labyrinthe mental fabriqué par sa mémoire et les mots.

 

 

 

 

 

 

 

 

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